vendredi 28 octobre 2011

feuille 349 fevrier 2007


Le temps d'une convalescence qui commence pas trop mal après une anesthésie suivie d'une autre. Le ventre aura quelques souvenirs visibles, un peu plus bas, un peu plus mais mieux qu'il y a deux ans. Le temps pas tout à fait à la saison, on commence à s'habituer à ça. Un nouveau chemin commence à devenir familier. Le sourire et la peau aussi, cette chaleur disparue depuis si longtemps redonne une énergie qui fait que la moindre action se transforme presque simultanément en vraie vacance. La chevelure bigarrée sur la courbure du dos, les dents petites comme posées sur les lèvres capitonnées, la géographie du visage et du cou et de ce qui le prolonge et même ensuite continue à chaque détour de la main, le sol n'est plus à nos pieds mais tout le long du corps, particulièrement là aussi dans cette avancée presqu'aveugle pour que le touché prenne toute la place, pour que la profondeur arrive par répercution, la convalescence progressant d'heure en heure, dans toute cette attente, d'un moment perdu pour le retrouver, comme le flux du sang dans sa circulation continuelle. Le blanc du froid n'est plus du jour; le printemps semble juste derrière. Joue contre joue avec une main comme une enveloppe épousant une des collines, l'autre main sur une autre, et ainsi de suite... L'ombre est l'absence de lumière; elle est simplement l'obstruction que les corps opaques opposent aux rayons lumineux. L'ombre est la nature des ténèbres; la lumière procède de la clarté. L'une dissimule, l'autre révèle, elles sont toujours de compagnie, jointes au corps, l'ombre plus puissante que la lumière parce qu'elle l'empêche et prive entièrement les corps de clarté, alors que la clarté ne parvient jamais tout à fait à chasser l'ombre des corps, c'est à dire des corps opaques; quelle différence il y a entre une ombre jointe au corps et une ombre portée.....

une baie rouge
a roulé
sur la gelée blanche du jardin
Shiki

......................0,726 minutes de silence.................................................................................................
26 395 345 secondes aux doigts glacés contre l'épaule enroulée...................................................

... Cela amènerait à la formation des galaxies, des étoiles et finalement même des créatures insignifiantes que nous sommes. Ainsi, toutes les structures compliquées que nous découvrons dans l'univers peuvent-elles être expliquées par la condition « pas de bord » pour l'univers et le principe d'incertitude de la mécanique quantique. Viendra le rivage de la mer dont les vagues lècheront les vestiges, les rongeront, creuseront, concasseront, broieront, les malaxeront, rouleront les crânes sur les galets pour en faire du sable que les enfants amasseront en châteaux effacés par la marée montante. Une série de lettres blanches, qui, ayant été moulées une à une, se montraient toutes fort nettes, composait, au bas de l'ardoise, ces trois mots: « vedette en rubis », qui se suivaient sans que les deux espaces voulus existassent entre eux. Petit, petit, viens pleurer ici, je te conduirai de caresses de rasoirs trempés dans de l'eau de javel; petit, petit, viens ramper ici, je t'ensevelirai dans des aisselles de tampons de gaze imbibés de teinture d'iode et tu bramerais d'ivresse, petit, petit, petit, tandis que je te mordillerai comme un sucre d'orge dans mes anfractuosités de ténèbres cristallines. Tu réussis à t'emparer de la chemise, tu l'aimes, cours dans les broussailles jusqu'à la route, textes balafrés, nouant les manches autour de ton cou; on sème ses dents, on noue sa gorge, on ronge ses yeux; écoute, et pourquoi,..... ce bleu autour de l'os,.....ce ciel qui tombe,.......où est la peau si le vent crie au creux; frôlant le port, caressant les branches, la pousse cherche son angle dans la lumière. Nos corbeaux sur les près, nos haches sur les bois, nos flammes sur les huttes. Le paysage à peine entrevu s'est calciné, il n'en reste plus que des fissures intimes. La ville se transfigure, elle devient cristalline, transparente au regard comme une libellule. Mais il faut que tout arrive comme par hasard, sans qu'on y accorde trop d'importance, sans qu'on ait la prétention d'accomplir une opération décisive. Une mosaïque dans laquelle sont pétrifiées mes hantises: les vagues déferlent sur les rochers. Je t'aime. Je parviens juste à temps pour sauver mon pantalon, chaussures et chaussettes. Textes fouillés. La grande crique est maintenant fermée par l'eau elle aussi, Agnès. Je profite des galets qui restent découverts pour enlever et plier veston et chemise, je t'aime, rouler ma cravate. Textes émulsionnés. Il ne me reste plus qu'un maillot de corps, et un slip, Irène. Et si seule la tête est penchée vers l'une des ailes ouvertes également, la descente oblique se fera entre la tête et l'aile qui en est le plus rapprochée. Les rames battaient l'eau lentement, au rythme habituel des pêcheurs. Elles étincelaient une seconde au soleil et plongeaient de nouveau dans l'eau. Je regardais sa tête aux cheveux de jais émergeant du plat-bord. Ses yeux pétillaient. Dis-moi dit-elle pour dévorer l'attente,.....mais le sable s'ecroule et les mots s'en vont jaunir la vague. Il est intéressant de remarquer que le diamètre d'un trou noir de trois millions de masses solaires est de vingt millions de kilomètres, soit cent fois plus petit que la dimension de la région résolue par les instruments actuels. Adulte, vêtu d'un pagne, attaché à un poteau, plogé jusqu'aux genoux dans l'eau du sous-bois, c'est encore moi que je rencontre; un ruisseau de sang issu d'une plaie à mon côté tourne autour de mon nombril pour venir poisser mon sexe; c'est le lait de ma mère qui s'est obscurci tandis que je pensais me rafraîchir dans la piscine. Par ce miroir- lit de supplice, je capte l'approche d'un désert, oasis de calme et de soulagement. Il arrive un moment dans la vie où entre tous ceux qu'on a connus, les morts sont plus nombreux que les vivants. Et l'esprit se refuse à accepter d'autres physionomies, d'autres expressions. Néanmoins l'oeil envoie de chaque côté de cette principale ligne médiane une multitude de lignes d'autant moins aptes à discerner la réalité; qu'elles sont plus éloignées du centre d'irradiation. Dès lors, quand un objet est tout près de l'oeil, ce dernier n'étant point capable d'en distinguer les contours à ce degré de proximité de la ligne visuelle médiane, ces contours doivent forcément rentrer dans le champ des lignes qui n'ont qu'un faible pouvoir de perception. Le rythme franchit le silence, de la même manière que l'être franchit le vide temporel qui sépare les instants. Beaucoup de livres et de partitions, une corbeille de fruits confits, la théière et le sucrier. Engoncée dans son amoncellement de satins, volants,falbalas, guirlandes, bracelets, noeuds, dentelles, roses de gazes, elle soutient son énorme tête molle sur des coussins. Le principe d'incertitude a eu de profondes répercussions sur la façon dont nous envisageons le monde. Même après plus de ciquante ans, ses implications n'ont pas été entièrement admises par nombre de philosophes et font encore l'objet de polémiques. Assis en tailleur, il cache ses bras-nageoires derrière son registre ouvert dont la reliure commence à céder. D'un instant à l'autre, les feuilles vont se détacher, s'effondrer, filer dans les turbulences du dégel. Secousse. Rien de rassurant, le cou du volcan s'élargit, ses épaules s'empâtent. Des tendons se dessinent, des mamelons se lèvent





collages et citations:
Lars Jonsson, Jean-Pierre Luminet, Léonard de Vinci, Shiki, Stephen Hawking, Michel Butor, Italo Calvino, Nikos Athanassiadis, Bernard Noël, Gaston Bachelard

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